Le chauffage au bois a été à la mode en France. Il était considéré à la fois comme vertueux sur le plan environnemental et, surtout, était de loin le moins coûteux. Il présentait aussi une alternative facile à installer pour remplacer les chaudières au fioul et au gaz. C’est la raison pour laquelle, en 2023, plus d’un foyer sur dix l’avait choisi comme principale source d’énergie pour son chauffage.
Mais comme toutes les sources d’énergie, il a des inconvénients. Il s’agit notamment des émissions de particules fines et d’une consommation d’énergie de fait plus élevée. On assiste ainsi depuis quelques temps à une contestation grandissante du chauffage au bois et de son impact sur la pollution atmosphérique et les maladies respiratoires. A la fin de l’année dernière, un collectif de médecins et d’associations a même été jusqu’à dénoncer dans une lettre ouverte à la ministre de la Transition écologique le soutien public au chauffage au bois considéré comme « une aberration à la fois sanitaire et climatique ».
Et puis le chauffage au bois a été victime des problèmes d’approvisionnement en granulés (2022-2023) réels ou artificiels, d’une conjoncture économique et politique incertaine et des dysfonctionnements permanents du dispositif d’aide MaPrim’Renov et du système de calculs des DPE (Diagnostic de performance énergétique). Cela fait beaucoup…
Chute libre des ventes d’équipements
Conséquence, le marché du bois énergie est en chute libre. Dans leur étude sur le bilan 2024 du secteur, Observ’ER (Observatoire des énergies renouvelables) et l’Ademe (Agence de la transition écologique) constatent une dégringolade de 29,4% des ventes d’équipements sur un an, avec seulement 297.430 pièces vendues. La baisse est même de plus de 40% par rapport à 2022. En l’espace de 12 mois, le marché s’est rétracté de 124.635 appareils, et de plus de 215.000 par rapport à 2022.
« Depuis 2012, le marché des appareils de chauffage domestique au bois a alterné les croissances et les ralentissements, cependant le recul de l’activité de 2024 est le plus fort observé au cours des 13 dernières années », résume l’étude. « En 2023, le marché avait été surtout impacté par un effondrement des ventes des équipements à granulés, suite à la crise des granulés survenue en milieu d’année 2022. La pénurie de combustibles granulés et la flambée de leur prix à l’été 2022 avaient créé une défiance des consommateurs vis-à-vis des appareils automatiques durant toute l’année 2023, malgré un retour à la normale de la disponibilité des combustibles dès l’hiver 2023 ».
Une conjonction de plusieurs facteurs négatifs
En parallèle, les appareils à bûches avaient alors profité d’une « année exceptionnelle ». La situation s’est inversée en 2024, « puisque ce sont les appareils manuels à bûches dans leur ensemble (foyers fermés, inserts, poêles et chaudières) qui ont lourdement reculé (-41%), tandis que les poêles à granulés ont rebondi de 18,4% ». Ceci dit, pour les poêles à granulés le volume du marché ne représentait l’an dernier que moins de la moitié de celui de 2022…
Pour Observ’ER et l’Ademe, cette situation tient à la conjonction de plusieurs facteurs négatifs. Le contexte économique et politique « qui n’incite pas les particuliers à investir », les ménages déjà équipés d’un système de chauffage, même vieillissant, ont ainsi préféré « reporter l’achat d’un nouvel appareil ».
Et puis les errements des dispositifs clés sur lesquels s’appuie la rénovation énergétique des logements, MaPrimRénov’ et le DPE (Diagnostic de performance énergétique), n’ont évidemment pas arrangés les choses. Ils sont dysfonctionnels et sans cesse corrigés et réformés depuis des années.